Rosace classique avec motif en épi

La rosace est une des décorations qui a été gardée depuis les guitares baroques qui étaient très décorées puisque cet élément d’ornementation n’affecte pas le son et le transfert d’énergie. De plus, le haut du caisson est une partie plutôt inactive dans le mouvement d’excitation de la table et a intérêt à être rigide. Les maîtres luthiers fabriquent souvent leur rosaces sur les instruments haut de gamme, mais une variété de rosaces préfabriquées faites à la main en Russie ou en Amérique latine sont disponibles. Il y a plusieurs types de rosaces uniques. On peut la réaliser en incrustant des filets en une série de cercles cocentriques, on peut faire des sections de marqueterie, on peut faire des petits carrés de mosaïque et il y a le motif en épi. La rosace dont il sera question est constituée de filets, d’un motif en épi et de cordes qui sont des demi épis.

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Il faut d’abord se procurer des feuilles de placage. Pour avoir plus de possibilités j’ai acheté du placage de .6mm et de .3mm, essentiellement du noir et du blanc et un placage teint d’une couleur me rappelant le cèdre espagnol. Ensuite il faut le découper; un straightedge sur une planche à laquelle j’ai fixé des butées et un scalpel ont servis à faire mes bandes.

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En haut mes bandes noires et blanches et en bas l’installation pour les coller en sandwich.

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En haut, mon sandwich coupé à l’angle qui déterminera l’angle des pointes du motif.
En bas, la baguette qui sera recollée devra mesurer environ 16″ la circonférence extérieure d’une rosace de largeur moyenne.

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La baguette à angle est collée.

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Des tranches sont découpées en épaisseur.
Mises collées entre deux placages elles donneront des motifs de cordes, coupées en largeur.
Pour l’épi, il faut coller un placage sur une seule face puisqu’elles seront jointées avec une seule bande au milieu après avoir été coupés en largeur.

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De chaque côtés, des filets de violon, les motifs en cordes, des paquets de filets noirs et au centre le motif en épi pas encore jointé, presque tout ce qui sera incrusté dans ma rosace.

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Le jointage du motif en épi avec la bande blanche au centre.

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Le montage pour jointer l’épi avec l’épi en trois morceaux.

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L’épi est maintenu sous une pression égale pour que l’épaisseur soit régulière, une pression excessive risquerait de le déformer et l’incrustation laisserait apparaître des espaces vides.

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L’épi jointé et sablé.

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L’épi ainsi que les cordes sont ployés sur le fer chaud. Cette étape est très délicate et c’est très difficile de ployer un épi plus épais que 1/8″.

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Les cordes mesurent 1/8″ d’épaisseur et l’épi 5/32″.
Les filets n’ont pas besoin d’être ployés donc l’incrustation peut commencer.

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Un outil fait par mon ami luthier Dontcho, est utilisé pour couper la fibre afin que la passe de toupie qui suivra ne fasse pas de filaments.
Il est fortement recommandé de faire toutes les étapes d’incrustation sur un morceau d’essai pour vérifier les mesures afin de ne pas faire d’erreurs sur la table d’harmonie.

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Une première passe de toupie de 3/16″ d’épaisseur dans laquelle sera incrustée mon filet de violon de 1/16″ et ma corde de 1/8″

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Le montage est composé de quatres serres et d’une calle recouverte de liège pour ne pas abîmer la table. Les premières composantes de la rosace ont été collées avec de la Titebond pour pouvoir raboter une demi heure après et faire une autre passe.

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La deuxième passe a servi à contenir une série de filets et le motif en épi.

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Et la troisième passe de trois recevra une série de filets, une corde et un filet de violon.

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Le tout est très serré dans le trait de toupie et un petit marteau est utilisé pour insérer le dernier filet de violon. Dans ce cas puisque le tout est difficile à rentrer et que c’est très serré, j’ai fait couler des gouttes de colle cyanoacrylate sur les filets et la corde. La propriété de capilarité de cette colle permet de coller le tout en profondeur, mais puisque cette colle tache sur l’épinette je ne pouvais pas l’utiliser sur le joint du filet de violon et de la table alors j’ai mis de la colle animale chaude qui est aussi très capilaire lorsque le mélange n’est pas trop épais.

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Finalement une rosace unique dont je suis fier malgré quelques imperfections qui n’enlèvent rien à son charme.

Dans ce projet j’ai découvert une autre fonction à la rosace, c’est qu’après l’avoir planifiée, visualisée et réalisée, on ne peut pas rester indifférent lorsque l’on lui jète un coup d’oeil. De plus, je ne regarderai plus jamais une rosace classique fait à la main de la même façon.

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Publié le novembre 29, 2011, dans guitare classique, et tagué , , , , , , . Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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